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Parcours et recherche plastique

Né à Chambéry en 1968, Patrick Berthaud est sculpteur professionnel depuis 1988. Son travail associe la sculpture sur pierre, le bronze et la résine, à travers des commandes monumentales, des portraits et une recherche artistique personnelle.

Du compagnonnage aux Monuments historiques

Dès 1988, il travaille sur des chantiers de restauration des Monuments historiques, qui le conduisent notamment à intervenir sur les cathédrales de Reims, Strasbourg et Amiens, ainsi qu’à la cathédrale Saint John the Divine, à New York.

Cette expérience lui permet d’approfondir sa connaissance de la sculpture sur pierre, de la statuaire et de l’ornementation. En 1998, il est reçu comme Compagnon sculpteur sur pierre.

L’atelier : entre commande et création personnelle

En janvier 2001, Patrick Berthaud fonde son propre atelier. Son activité s’oriente alors autour de deux axes complémentaires : la réalisation de commandes publiques et privées, notamment monumentales, et le développement d’une recherche artistique personnelle.

Parmi ses réalisations figurent plusieurs statues et monuments :

  • Charles de Gaulle et Winston Churchill, à Calais, en bronze et acier ;

  • Camille Claudel, à Montauban, en bronze ;

  • Anatole Le Braz, à Carhaix, en bronze ;

  • Bertrand Du Guesclin, à Broons, en bronze et acier Corten ;

  • Olympia, œuvre réalisée pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, en bronze et acier Corten ;

  • Charlotte Corday, sculpture en pierre.

Il réalise également des portraits et des bustes de personnalités, parmi lesquels Simone Veil, Jacques Chirac, Jean d’Ormesson et Edmond Rostand.

Une recherche personnelle : les labyrinthes

Parallèlement aux commandes, Patrick Berthaud poursuit une recherche plastique personnelle autour du thème du labyrinthe. À travers cette série d’œuvres, il explore les cheminements de l’être humain, ses interrogations et sa quête de sens.

Cette recherche prolonge une réflexion plus générale sur la relation entre la forme et le message. Le travail de la matière, la composition et le choix des matériaux participent à cette démarche, dans laquelle la dimension esthétique ne se dissocie pas de l’intention de l’œuvre.

Comme il le résume lui-même :

« Le travail est précis, sans concession, car je suis convaincu que sans message, la beauté demeure superficielle. »

Ses œuvres sont présentes dans des collections privées, notamment aux États-Unis, en Suisse et en Grande-Bretagne. Son travail est également présenté dans des galeries et des expositions en France, en Belgique et au Royaume-Uni.

VIDEOS

Une vidéo retraçant mon parcours professionnel de sculpteur de 1988 à aujourd’hui :

La réalisation du buste de Johnny Hallyday, les différentes étapes de la sculpture d’un portrait à l’atelier.

Entretien à l’atelier avec le vidéaste Jéremy Schmitt / Présentation de son quotidien de sculpteur et de son parcours artistique

 

 

Texte de Sandra SCHLEGEL, Musée de la Régence – Ensisheim / 2009 :

« Patrick Berthaud est discret, patient et doté d’un sens bien particulier du discernement qui procède, sans aucun doute, de la curiosité insatiable qui le caractérise par nature. La curiosité semble, en effet, à l’origine de ce sens aigu de l’observation et de la question qui nourrit son travail. Car chacune de ses sculptures semblent émerger d’un questionnement sous-jacent, conscient ou non. C’est comme si chacune naissait d’une réflexion qu’elle va porter au monde. Elle contient, dans son titre, dans son traitement, dans sa matière, des idées qu’elle véhicule, des propos qu’elle diffuse, des questions qu’elle pose.

Les leçons de notre passé survivent de manière très présente dans les sculptures de Patrick Berthaud.

Ce n’est pas seulement de la technicité ancestrale qu’il s’agit là et que l’on ressent dans la maîtrise du geste, mais bel et bien aussi d’un esprit qui règne dans la matière, qui rode dans la facture et dans le traitement, dans le fondement même de l’oeuvre …

N’est-ce pas le propre de l’art que de réinventer sans cesse notre monde ? Combien d’artistes se sont-ils attelés à cette tâche que décrit Herman Hesse dans « Narcisse et Goldmund », le film de Im Kwon-Taek « Ivre de femmes et de peinture », l’œuvre délicieuse de Maxence Fermine « Neige »… et bien d’autres encore pour qui les leçons et les enseignements du passé font naître à soi et à la liberté, un regard particulier.

Le passé n’est jamais tout à fait le passé… et la rupture n’est qu’un leurre inutile et vaniteux.
Le passé est un cadre et la liberté un tableau. C’est de cette équation que naissent les sculptures de Patrick Berthaud. D’une liberté acquise et gagnée au gré des efforts et de l’humilité, du respect de soi et de l’Autre, dans ce que Berthaud décrit comme un véritable « combat »… de la désincarcération aussi, quelque fois, qui peut trahir la difficulté d’être et d’être libre des valeurs transmises.

Les sculptures de Patrick Berthaud sont les produits d’un dialogue de l’artiste avec l’univers, d’une lutte avec la matière. Elles reflètent ses questions sur la nature humaine, ses forces et ses faiblesses, ses émotions, ses limites.
Elles invitent à la question car elles naissent dans la question et cette apparente beauté qu’elles revêtent semble surtout destinée à nous prendre au goût de l’acte de penser, à nous y attirer pour nous y plonger. Car « penser est un acte de résistance » disait Jean-Clet Martin.
Comme les figures apotropaïques d’un Palais de la Régence, les sculptures de Patrick Berthaud sont des leviers et des symboles de la pensée, des remparts qu’elles constituent contre l’ignorance et l’intolérance. Elles nous invitent à suivre leur mouvement ascendant vers l’élévation, la distance et la liberté.

Les sculptures de Patrick Berthaud sont un peu l’écho de la liberté d’exister au-delà des carcans de nos enseignements.

Leur mouvement souvent ascendant, leur élan :
« Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, des montagnes, des bois, des nuages, des mers, par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins … «  nous renvoient à l’élévation baudelairienne comme à une de nos valeurs républicaines inscrite sur le fronton de chacune de nos mairies, la Liberté, dont chacun sait qu’elle nécessite toujours d’être défendue. »